Droit d’accès, droit à l’effacement, droit d’opposition… Le RGPD accorde aux individus un arsenal de droits sur leurs données personnelles. En tant qu’entreprise, vous devez être en mesure d’y répondre — dans les délais et dans les formes. Voici ce que cela implique concrètement.
Droits des personnes sous le RGPD : ce que vos clients peuvent exiger de vous
Les droits fondamentaux reconnus par le RGPD
Le RGPD (articles 15 à 22) reconnaît aux personnes dont vous traitez les données — clients, prospects, salariés, fournisseurs — un ensemble de droits qu’elles peuvent exercer à tout moment.
Le droit d’accès (article 15)
Toute personne peut vous demander de lui communiquer l’ensemble des données personnelles que vous détenez sur elle, les finalités du traitement, les destinataires des données et la durée de conservation prévue. Vous disposez d’un mois pour répondre.
Le droit de rectification (article 16)
La personne peut exiger la correction de données inexactes ou incomplètes. Ce droit est simple à appliquer mais suppose que vos données soient organisées de façon à pouvoir être modifiées rapidement.
Le droit à l’effacement (article 17)
Connu sous le nom de « droit à l’oubli », il permet à la personne de demander la suppression de ses données dans certains cas : données plus nécessaires, retrait du consentement, opposition légitime. Ce droit n’est pas absolu — des obligations légales de conservation peuvent primer.
Le droit à la limitation du traitement (article 18)
La personne peut demander que ses données ne soient plus utilisées — sans pour autant être supprimées — pendant la durée d’un litige ou d’une vérification.
Le droit à la portabilité (article 20)
Les données fournies par la personne doivent pouvoir lui être restituées dans un format structuré et lisible par machine, pour être transférées à un autre prestataire.
Le droit d’opposition (article 21)
La personne peut s’opposer à tout moment au traitement de ses données à des fins de prospection commerciale. Cette opposition doit être immédiatement respectée — sans condition ni exception.
Ce que vous devez mettre en place
- Un canal identifié pour recevoir les demandes (email dédié, formulaire en ligne)
- Une procédure interne pour traiter chaque type de demande dans le délai d’un mois
- La capacité technique à retrouver, corriger, exporter ou supprimer les données d’une personne
- Un registre des demandes reçues et des suites données
Les risques en cas de non-réponse
Ignorer une demande d’exercice de droits expose votre organisation à une plainte auprès de la CNIL, qui peut se transformer en contrôle puis en sanction. La CNIL a prononcé des amendes significatives pour ce seul motif.
Conclusion
Les droits des personnes ne sont pas une formalité — ce sont des obligations concrètes qui supposent une organisation adaptée. Une demande mal gérée peut déclencher une procédure bien plus coûteuse que le temps investi à s’y préparer.
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